Découvrez les différentes cosmogonies et mythologies des plus grandes civilisations du monde


jeudi 4 août 2016

MYTHOLOGIE AMÉRINDIENNE - INTRODUCTION


Parler de la civilisation amérindienne tout autant que de sa mythologie est une chose très ardue. Les Amérindiens (et non les indiens, nom donné par erreur par Christophe Colomb lorsqu'il arrive aux Antilles, pensant être en Inde) sont les premiers habitants du continent américain et pourtant, nous avons l'impression de les connaître que depuis quelques siècles, avec la création des États-Unis et son expansion vers l'Ouest. Comment ne pas faire le parallèle Indiens/Cowboys, qui a bercé notre jeunesse à travers les Western ?

Pourtant, lors de la découverte tardive du "Nouveau Monde" en 1492 par les Européens (je ne vais pas rentrer dans les détails historiques, notamment avec la découverte bien avant des Vikings, qui sont en soi aussi des Européens), les Amérindiens sont déjà là depuis fort longtemps. On les appelle par la suite "Indiens d'Amérique", "Premières nations", "Peaux-rouges", "Américains d'origine" ou encore "Premiers peuples". Bref, ils étaient là les premiers ! Alors comment le peuple légitime de l'Amérique, libre et respectueux de la Nature, fut forcer de vivre dans des réserves exiguës et inadaptée à leur état d'esprit, victime d'un des plus grands génocides inavoués de l'Histoire ?

Quant à leur mythologie, bah je m'en doutais : pas d'écrits de référence comme l'Avesta pour les Perses ou l'Edda des Nordiques. Pas d'écriture tout court d'ailleurs (sauf bien plus tard chez les Cheyennes) ! Comme pour les Incas, les Amérindiens transmettaient oralement leurs mythes et leur culture. Il faut encore une fois se fier aux récits européens... et bien non, fort heureusement ! Car les amérindiens transmettent encore aujourd'hui leurs légendes et vivent toujours dans ce que l'on appelle aujourd'hui les États-Unis, dans de grandes réserves.

Ce qu'il faut comprendre dès maintenant, c'est toute la diversité culturelle, géographique et linguistique, à travers différentes tribus, nombreuses et plus ou moins importantes. Inutile de vous rappeler la taille de l'Amérique. Je vous laisse donc imaginer l'espace dans lequel pouvait vivre ces différentes tribus, qui par ailleurs ne prenaient guère de place. Ah, quand on respecte la terre et ses occupants...

Dernière petite information pour votre curiosité : sachez qu'avant 1492, il devait y avoir près de 5 millions d'habitants pour à peu près 500 tribus sur le territoire amérindien. En 1890, il n'en reste plus que 250.000 !! Cela vous donne un aperçu de ce qui va se passer...

LES GRANDES TRIBUS
Avant toute chose et avant tout résumé historique, il est, je pense, primordial de citer le nom des plus grandes tribus amérindiennes, ainsi que de les situer sur une carte. N'espérez pas l'énumération des presque 500 tribus, mais juste les principales, pour que vous ayez un aperçu géographique de la situation avant l'arrivée des blancs.

Liste des principales tribus (par ordre alphabétique) :
Algonquins, Apaches, Beothuks, Black feet, Chactas, Cherokees, Cheyennes, Chiricahuas, Chickasaws, Chinooks, Choctaws, Comanches, Creeks, Crees, Crows, Dakotas, Delawares, Hopis, Houmas, Hurons-Wendat, Huros, Hupas, Iroquois, Iowas, Kansas, Keresans, Kickapoos, Lakotas, Massachussetts, Miamis, Micmacs, Mohave, Mohicans, Navajos, Ojibwés, Omahas, Ottawas, Pawnees, Powhatans, Pueblos, Seminoles, Shawnees, Shoshones, Sioux, Tananas, Utes, Winnebagos, Yakimas, Yaquis, Yanktons... et l'on peut rajouter bien sûr les tribus artiques des Inuits et des Aléoutes.




Après tout ça, normalement, vous devez dire quelque chose se rapprochant de "Wouahhhh ! Mais j'en connais !". Certains noms de tribus nous évoquent aujourd'hui forcément quelque chose, et même quelqu'un qui ne connaît absolument rien aux amérindiens et à sa culture reconnaîtra quelques noms, comme par exemple :
  • Apache : un hélicoptère de combat américain ; un logiciel serveur HTTP américain.
  • Cherokee : une voiture de la marque Jeep.
  • Comanche : un hélicoptère de reconnaissance américain.
  • Dakota : deux états américains actuels portent ce nom (Dakota du Nord et du Sud).
  • Iroquois : on pense tout de suite à la célèbre coupe iroquoise.
  • Kansas : c'est aujourd'hui un état américain, et même un nom de groupe célèbre.
  • Massachusetts : c'est aujourd'hui un état américain.
  • Ottawa : La capitale actuelle du Canada.
  • Chinooks : un célèbre hélicoptère de manœuvre américain avec ses deux hélices !
Ainsi, bon nombre de villes, d'états américains ou plein d'autres choses portent le nom de tribus amérindiennes, ou de chefs réputés. Je ne sais pas s'il faut y voir une sorte d'hommage...hum, allez savoir.

AVANT LA COLONISATION (-25.000/1607)
J'ai fais le choix de narrer l'histoire des tribus amérindiennes autour de la colonisation européenne, puisque c'est cela qui va TOUT bouleverser. Vous verrez qu'il y a clairement un AVANT et un APRES pour les amérindiens, qui ne s'en remettront pas. C'est donc logiquement que j'ai voulu faire deux grands axes : avant la colonisation et après. Allons-y !

Les ancêtres des Amérindiens seraient venus de Sibérie par le détroit de Bering, au cours de la dernière ère glaciaire. J'ai beaucoup lu la date approximative de -25.000 ans, qui doit être une moyenne archéologique, et que nous allons garder par convention.

-25.000 : traversée du détroit de Béring par les premiers hommes qui vont peuplé le continent américain peu à peu. 


Il faut imaginer que pendant la dernière ère glaciaire, le niveau de la mer était suffisamment bas pour permettre le passage à pied. Bien sûr, cette théorie n'est pas encore admise par tous, mais en demeure aujourd'hui la plus plausible. 

Retracer le passé des tribus amérindiennes est une chose très compliquée car nous ne disposons pas de grand chose à se mettre sous la dent. En effet, pas de système d'écriture, une tradition de transmission orale... ainsi, seule une partie de l'histoire amérindienne a pu être retracée !

10e siècle : fondation de la première colonie norvégienne au Groenland par Leif Ericsson, sur la côte du Labrador : c'est le Vinland.

On estime la population amérindienne avant l'immigration européenne à 5 millions d'habitants, disséminés un peu partout à travers tout le territoire nord-américain.

Une dernière chose : la division du territoire américain. J'ai lu dans plusieurs bouquins une division cohérente en 10 zones (que l'on pourrait qualifier d'aires culturelles), que je souhaite garder ici, sans savoir vraiment si cette dernière est officielle ou pas. Cela vous permettra d'avoir un aperçu de la situation AVANT l'arrivée de l'homme blanc, de son avidité sans fin et de sa foi chrétienne destructrice. Car les peuples indiens ont occupé des zones géographiques très variées, et adopté des modes de vie très divers selon le climat.

  • Région artique : inuits, aléoutes.
  • Région sub-artique : tribus algonquiennes (crees,...), tribus athapascanes (beaver, tananas, tutchones, kaskas, tlingits, tagishs, gwinch'ins,...).
  • Région des Grands lacs (nord-est) : menominees, kickapoos, powhatans, winnebagos, abénakis, algonquins, micmacs, nipissings, ojibways, hurons, iroquois (ligue des six nations : cayugas, mohawks, oneidas, onondagas, sénécas, tuscaroras).
  • Région des grandes plaines (centre) : près de 27 tribus en 1850 (dakotas, lakotas, blackfeet, comanches, kiowas, crows, nakotas, arapahos, cheyennes, arikaras, mandans, hidatsas, otos, wichitas, omahas, oglaglas, hunkpapas, sihasapas, santees, wahpetons, ...). Comme ne pas parler de la puissante nation Sioux, répartie en trois groupes vers 1750 : lakotas, dakotas et nakotas.
  • Région de la côte nord-ouest du Pacifique : nootkas, haidas, kwakiutls, chinooks, tillamooks,...
  • Région du plateau : nez-percés, salishs, pend-d'oreilles, kootenais, walla-wallas, cayuses, umatillas.
  • Région du grand bassin : utes, shoshones, paiutes, washoes,...
  • Région du sud-est : cherokees, creeks (confédération de tribus : muskogees, séminoles, hitchitees, tuskegees, natchez), choctaws, chickasaws.
  • Région du sud-ouest : tribus pueblos (anasazis, tanoans, keresans, hopis, zunis), tribus apaches (lipans, jicarillas, mescaleros, chiricahuas,...) & Navajos.
  • Région de Californie : pomos, chumashs, yanas.
12 octobre 1492 : débarquement de Christophe Colomb à San Salvador.

24 juin 1497 : Jean Cabot aborde les îles de Cap-Breton et de Terre-Neuve, à l’embouchure du fleuve Saint-Laurent. Il ne chercher alors pas coloniser, mais un raccourci maritime pour atteindre la Chine et les Indes.

LA COLONISATION EUROPÉENNE (1507-1773)
La date du 12 Octobre 1492 (arrivée de Christophe Colomb à San Salvador) n'est pas juste pour ce qui concerne la colonisation de l'Amérique du Nord, et j'ai préféré retenir celle de 1507, un peu plus tardive, correspondant aux premières conquêtes sur le territoire nord-américain. La colonisation du territoire américain se fait par trois grandes puissances européennes, à savoir la France, l'Angleterre (+ Hollande), et l'Espagne, avec des comportements bien différents, et des territoires qui vont sans cesse bouger au fil des siècles et des batailles.


27 mars 1513 : Juan Ponce aborde un rivage fleuri au nord des Antilles, qui correspond à la Floride. Il est le premier européen à fouler le sol des futurs États-Unis. 

1519 : début de la conquête de l'Amérique du nord.

1534 : Jacques Cartier prend possession de l'embouchure du Saint-Laurent au nom de la France : c'est la Nouvelle-France !

1579 : Francis Drake accoste sur la côté californienne, côté pacifique.

La Nouvelle-France : sur tout ce que j'ai pu lire au sujet de la colonisation, un point récurrent demeure : la colonisation française se serait faite dans un relatif calme, avant l'opposition farouche avec l'Angleterre. Les contacts entre français et indiens se font essentiellement autour d'échanges et d'achats, les français étant alors grands demandeurs de fourrures (notamment de castors). Une alliance est conclue avec la tribu des Hurons et les trappeurs français (Les coureurs de bois) deviennent très respectés. Retenez-donc bien que les français ont entretenu de bonnes relations avec les amérindiens.

La Nouvelle-Angleterre : c'est sans aucun doute de par les anglais, et notamment des colons puritains, qu'ont eu lieu les plus grands massacres d'indiens, adoptant un comportement agressif vis à vis des amérindiens. La colonisation anglais va se faire par les premiers colons de Virginie puis plusieurs générations successives de puritains en Nouvelle-Angleterre.

Pour vous montrer un peu la philosophie de l'époque, voici les propos d'un certain Hugh Henry Brackenridge, écrivain et journaliste de renom, à propos des Indiens :
"Ils ont une forme humaine, et peut-être appartiennent-ils à l'espèce humaine, mais, dans leur état présent, ils se rapprochent plutôt du diable [...]. Les tortures qu'ils pratiquent sur le corps de leurs prisonniers justifient qu'on les extermine."

Voici également ce qu'à dit William Bradford en 1620, qui voit l'Amérique comme un continent fait "de vastes régions vides d'hommes qui, bien que fertiles et propices à l'habitat, sont dépourvues de tout habitant civilisé et occupée seulement par quelques brutes sauvages qui parcourent le pays en tout sens et diffèrent peu des bêtes sauvages qui font de mêmes."

Enfin, une dernière phrase de John Winthrop, puritain anglais et premier gouverneur du Massachusetts, et montre bien le mépris envers les amérindiens :
"Si nous n'avons aucun droit sur cette terre, cependant Dieu y a un droit entier, et s'il lui a plus de nous la donner en l'enlevant à un peuple qui l'a si longtemps usurpée et en a fait mauvais usage, qui peut trouver à redire à Ses actes et Ses fins ?"

La Nouvelle-Espagne : côté espagnol, ce n'était pas franchement mieux... les conquistadors ibériques ont été de véritables barbares, sans aucun respect pour l'amérindien, il faut le dire et l'assumer, et ce, que ce soit avec les amérindiens ou encore les aztèques.

Les premiers contacts avec les européens va amener des maladies encore inconnues des amérindiens, à savoir la variole, le choléra ou encore la grippe. Cela va avoir des répercussions dévastatrices sur la population car près de 90% de la population indienne (comprenant toute la population indienne du continent entier) va mourir en un siècle !!

1607 : Débarquement de 105 colons anglais à Jamestown.

1608 : Samuel de Champlain fonde Québec.

1614 : Mariage de John Rolfe avec Pocahontas.

1622 : Attaque Powhatan en Virginie.

1636-1637 : Guerre des Pequots.

1644 : Deuxième attaque des Powhatan.

Vers 1700 : cette période signe l'apogée de la Nouvelle-France, qui comprend alors Terre-Neuve, le Canada, la baie d'Hudson, l'Acadie et la Louisiane !! Regardez un peu la carte ci-dessous ! 


1711-1712 : Guerre des Tuscaroras.

1715-1716 : Guerre des Yamasée.

1736 : Traité d'amitié proposé par Benjamin Franklin (1706-1790) aux chefs des six nations à Philadelphie. Mais ce dernier se solde par un échec.

1756 : Début de la Guerre de sept ans, qui se terminera en 1763 par la défaite des français (+ alliés Hurons) face aux anglais (ligués avec les Iroquois, qui sont alors une confédération de cinq tribus : Mohawks, Oneidas, Onondagas, Cayagas & Senecas). L'issue de cette guerre signe la fin des prétentions françaises en Amérique et voit donc les français se retirer du continent : c'est la fin de la Nouvelle-France.

1763 : Révolte de Pontiac contre les anglais, qui prononce le 5 mais 1763 le discours suivant ci-dessous.

"Il est important pour nous, mes frères, que nous balayions de nos terres cette nation qui ne cherche qu'à nous détruire. Vous voyez comme moi que nous ne pouvons plus recevoir d'approvisionnement des Français comme autrefois. Les Anglais nous vendent la marchandise deux fois plus cher et leur matériel ne vaut rien. À peine avons-nous acheté une couverture pour l'hiver qu'il nous faut la remplacer. Lorsque nous devons nous ravitailler avant nos quartiers d'hivers, ils ne nous font pas crédit comme le faisaient les Français. Lorsque je dis à un chef anglais que quelques-une de nos camarades sont morts, au lieu de pleurer les morts comme nos frères les Français le faisaient avec nous, il se moque de moi et de vous. [...] Eh bien, mes frères, il nous faut jurer leur ruine ! Nous n'attendront pas plus longtemps et rien ne nous arrêtera. Ils sont peu nombreux et nous pouvons les vaincre facilement. Toutes les nations qui sont nos amies leur ont porté des coups, pourquoi ne pas faire de même ? Ne sommes-nous pas des hommes comme eux ? Ne vous ai-je pas montré les ceintures de guerre que j'ai reçues de notre père très grand, le Français ? Il nous a dit de combattre ; pourquoi ne pas écouter ses paroles ? Qui craignons-nous ? [...] Combattons tous ensemble ! [...] Rappelez-vous ce que le Maître de Vie a dit à notre frère, le Loup, à leur propre et au nôtre. J'ai envoyé un message et des ceintures de guerre à nos frères les Sauteux de la Saginaw et à nos frères les Ottawas de Michelimakinah, ainsi qu'à ceux qui habitent à l'embouchure de la rivière, pour qu'ils se joignent à nous. En les attendant, commençons l'attaque !"

LES ÉTATS-UNIS (1763-1862)
Commençons ce grand chapitre par quelques phrases très intéressantes, si vous le voulez bien :

"La société indienne recèle un vice fatal, celui de l'absence d'un esprit de progrès." Lewis Morgan

"Il n'y a chez les Indiens, ni progrès, ni invention, ni croissance d'une sagesse politique. Les Indiens conservent les formes anciennes. Ils restent attachés aux vieilles coutumes." Lewis Morgan


Il est clair que le mépris avec lequel les américains se permettent de juger les occupants légitimes du continent américain ne peut que conduire qu'à un affrontement entre les deux civilisations. Mais un autre événement va retarder l'échéance : la guerre d'indépendance des treize colonies contre l'Angleterre.

1775-1783 : Guerre d'indépendance des treize colonies contre l'Angleterre.

1787 : Rédaction de la Constitution des États-Unis.

1794 : Bataille de Fallen Timbers.

1795 : Traité de Greenville. Ce dernier met en place des frontières permanentes, avec comme ligne de démarquage, le fleuve Mississippi. Ce traité est censé garantir aux amérindiens toute la partie Ouest du fleuve, mais bien entendu, il n'en sera rien...

"Nous avons laissé l'homme blanc la traverser [la vallée de la Platte] si souvent que, maintenant, il prétend qu'elle lui appartient." Spotted Tail, chef des Sioux brulés

"Considérant que ce pays est assez grand pour nous contenir tous et que nous sommes disposés à faire commerce et à lier amitié avec eux, nous jetons un voilà sur le passé et décidons de tracer une frontière entre eux et nous, au-delà de laquelle nous nous efforcerons d'empêcher à notre peuple de chasser ou de s'établir, et en deçà de laquelle les indiens s'abstiendront de pénétrer sauf pour commercer ou signer des traités." George Washington

1803 : Jefferson achète la Louisiane à Napoléon pour 60 millions de francs. Il faut savoir que le territoire vendu était bien plus grand que l'on imagine (22% de la taille actuelle des États-Unis), partant de la Louisiane actuelle jusqu'au Canada.

1812-1814 : Guerre entre l'Angleterre et les États-Unis.

1813 : Mort de Tecumseh à la bataille de la Thames.

1819 : L'Espagne cède la Floride aux États-Unis.

1821 : Le Cherokee Sequoyah (1767-1843) met en place le premier alphabet indien pour transcrire le langue de son peuple.

1830 : Signature du Indian Removal Act, prévoyant la déportation des Amérindiens vivant dans les territoires conquis vers un territoire situé au-delà du fleuve Mississippi. La même année est signé le traité de Dancing Rabbit Creek, qui oblige les Choctaws (puis plus tard les Cherokees, les Creeks, les Chickasaws et les Séminoles) à s'établir sur d'autres terres choisies par le gouvernement américain en Oklahoma. Cette déportation qui dura plusieurs mois, sera appelée la Piste des larmes, et sera des plus meurtrières.

1835 : les Cherokees doivent céder toutes leurs terres à la Georgie.

1838-1839 : Les Cherokees sont déportés en Oklahoma, à 1600 km de leur terre ancestrale. On a estimé plus de 4.000 morts de froid et d'épuisement durant ce terrible périple.

1840 : Il faut bien comprendre qu'à ce moment de l'histoire, l'Amérique est coupée en deux, avec à l'ouest le territoire amérindien et à l'est celui des colons américains. La ligne de démarcation est toujours le fleuve Mississippi, comme cela avait été stipulé dans le traité de Greenville. Cela aurait pu signer une belle période de paix et de respect, où chacun aurait trouvé la place nécessaire pour s'épanouir et continuer à se développer. Mais bien sûr, la suite va vous montrer à quel point les américains vont être lâches, menteurs et vicieux au possible pour conquérir l'ensemble du territoire.

1842-1876 : Expansion américaine vers l'ouest, après les multiples fausses promesses non tenues, les pièges tendus et les mensonges à répétition envers les tribus amérindiennes. Cette période signe le recul des tribus amérindiennes et un regroupement vers l'ouest.

1848 : Des mines d'or sont découvertes sur les terres des Yanas (Région de la Californie) ; ces derniers sont alors chassés et tués par les Blancs.

1860-1875 : Destruction massive des bisons.

1861-1865 : Guerre de Sécession américaine, entre le nord et le sud. La fin de la guerre de Sécession signe le début d'une féroce expansion territoriale (1865-1901).

LA RÉSISTANCE (1862-1876)
"L'oppression blanche doit être arrêtée avant que nous soyons totalement effacés du pays. Formons ensemble un seul corps et un seul cœur et défendons, jusqu'au dernier guerrier, notre pays, notre liberté et les tombes de nos pères." Black Hawk

"Les blancs empoisonnent le cœur des indiens." Black Hawk

Le milieu du 19e siècle marque le début des "Guerres indiennes", et plus généralement du génocide contre les Indiens. En effet, les américains vont étendre leurs conquêtes vers l'ouest malgré le traité de Greenville signé en 1795 et malgré les promesses. Cela va avoir pour conséquence de regrouper les tribus amérindiennes, qui vont préparer leur résistance, qui atteint son apogée à la bataille de Little Big Horn le 25 Juin 1876.

1862 : Guerre des Sioux.

1862-1872 : Guérilla des Apaches au sud-ouest.

1864 : Massacre des Cheyennes à Sand Creek.

1867 : Achat par les américains de l'Alaska à l'Empire russe contre 7 millions de dollars.

1868 : Traité de Fort Laurence.

1876 : Brillante victoire indienne à la célèbre bataille de Little Big Horn (25 Juin 1876). La coalition de Sitting Bull et de Crazy Horse parvient à défaire le général Custer.

UNE FIN TRAGIQUE (1876-1890)
"Dîtes au Général Howard que je connais son cœur. Ce qu'il m'a dit autrefois, je le garde en mon cœur. Je suis las de combattre. Nos chefs sont morts. Looking Glass est mort. Toohoolzote est mort. Les vieux sont morts [...]. Écoutez-moi, mes chefs ! Je suis fatigué ; mon coeur est triste et malade. À partir de ce point où se tient le soleil, je cesse de combattre à jamais." Chief Joseph, dirigeant des Nez-percés.

1886 : Reddition de Geronimo.

1890 : Massacre de Wounded Knee (29 Décembre 1890). Ce évènement tragique signe la fin de la résistance indienne.

LA RENAISSANCE (1890-AUJOURD'HUI)
La période 1890-1970 signe une véritable lutte pour la survie des amérindiens, et celle entre 1887 et 1934 un certain repli.

1911 : Création de l'American India Association. La même année est découvert le dernier survivant du peuple yanas, âgé d'une cinquantaine d'années, qui vivait seul dans une grotte : il s'appelle Ishi.

1916 : Ishi meurt, et avec lui toute la culture yana.

1934 : Mise en place du Indian Reorganization Act.

On estime qu'en 1492, soit à l'arrivée de Christophe Colomb, la population amérindienne atteignait 5 millions d'habitants à travers tout le vaste territoire nord-américain. En 1890, ils n'étaient plus que 250.000, principalement déplacés dans des réserves. Cela en dit long sur le massacre des colons anglais, ceux que l'on nomment aujourd'hui les Américains... De quoi faire réfléchir longuement.

Plus globalement, la population indienne était estimée entre 10 et 12 millions avant l'immigration européenne sur tout le continent, pour tomber à 600.000 en 1800, et à 230.000 en 1890. Cela englobe bien sur les massacres des amérindiens, mais aussi des aztèques, des incas, de l'île de Cuba et de toutes les autres tribus. De quoi vous saper un moral d'acier...

Mais je tiens à mettre un point d'honneur à terminer cette section avec une point d'optimisme si vous le voulez bien. En 1970, on dénombrait encore 467 tribus et bandes, avec une remontée démographique spectaculaire depuis 1920 chez les amérindiens. En 1970, on estimait 800.000 amérindiens. En 2010 : 2,8 millions :):)